J'avais cinq ans. Un beau matin, je me suis réveillée et j'en avais treize. Mais comment ? C'est impossible. Toutes ces années ont si rapidement filées. Hier je me suis dit que la vie était belle, aujourd'hui elle va trop vite pour moi. Une enfance, des jeux, des chansons, des sourires, des souvenirs.. C'est beau comme un cri silencieux, une joie envolée, une insouciance révolue. Des adultes attendent de moi la Lune et je ne peux rien pour eux. Ça défile devant moi mais je reste immobile, sans savoir quoi faire, sans savoir quoi dire. Je regardes la vie dans le fond des yeux, c'est un appel au secours, une lueur de peine qui dit Reviens moi.. Par ce que à 5 ans tu te poses pas de questions. Tu y réponds seulement en disant que plus tard tu veux faire Princesse, que tu aimerais qu'on t'achete un château pour Noël, et que si à la place t'as un Eléphant tu l'appelleras Lumpy. Tu regardes tes cassettes Disney jusqu'à les user, tu pleures quand Bambi il perd sa maman, tu exploses de rire quand Atchoum et Simplet se font passer pour un prince et tu t'enerves tout seul quand la méchante Maléfique fait échouer le prince Eric. Et puis l'après midi, comme tu t'ennuies un peu, tu demandes à ton papa si il peut appeler ta copine pour qu'elle vienne jouer chez toi à la Barbie. Le lendemain matin ta maman te réveille avec un sourire. Elle t'habilles et te couvres bien par ce que dehors il fait 18 et puis elle t'emmene en voiture jusqu'à l'école primaire. Mais ce beau matin où tu te réveille et que t'as 13 piges, tu te lèves avec la banane, tu choppes ton portable et tu appelles tes potes, tu leur dit de venir au centre commercial avec toi, tu vas zoner sur ton pc pendant des heures, tu montes la musique sur ton baladeur quand tes géniteurs te crient dessus, tu manges quand t'en a envie, tu t'endors à minuit tous les soirs, tu sort en t-shirt quand il fait 10 degrés. Le lendemain matin quand tu dois aller au collège, 6h20, ton buzzer se met en marche avec un bruit de camion, ta mère arrive et te gueule que t'es en retard. Tu choppes des fringues, tu choppes ton sac et là tu part dans la nuit. T'arrives au bahut, t'as toujours la banane par ce que là tu vois tes amis, tu rigoles et les prends dans tes bras puis tu vas en cours sans trop d'enthousiasme. Tu te traîne jusqu'en Maths et comme t'as pas l'esprit scientifique tu penses à bien d'autres choses, tu dessines un gratte-ciel et tu te dis que ton enfance fut trop courte.